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Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...

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Marseille avec Isabelle...

.../... 

... Isabelle semble bien seule à Marseille... Arthur sort rarement de sa léthargie. Et Madame Rimbaud est bien distante tout-à-coup de ses deux enfants... Ce qu'Isabelle remarque très vite par le manque de nouvelles ou le peu de nouvelles reçues des Ardennes...
... Un extrait d'une longue lettre qu'Isabelle adresse à sa mère...


                                                               Marseille, le mardi 22 septembre 1891,



                                       Ma chère maman,


... Je viens de recevoir ton petit mot, tu es bien laconique. Est-ce que nous te serions devenus antipathiques au point que tu ne veuilles plus nous écrire ni répondre à mes questions?... Ou bien es-tu malade?... C'est là mon plus grand souci, que deviendrai-je mon Dieu avec un moribond et un malade à 200 lieues l'un de l'autre! Que je voudrais me partager et être à moitié ici et moitié à Roche! Quoique cela te paraisse assez indifférent, je dois te dire qu'Arthur est bien malade. Je te disais dans ma dernière lettre que j'interrogerais encore les médecins en particulier: je leur ai parlé en effet et voici leur réponse: C'est un pauvre garçon qui s'en va petit à petit; sa vie est une question de temps, quelques mois peut-être, à moins qu'il ne survienne, ce qui pourrait arriver d'un jour à l'autre quelque complication foudroyante; quant à guérir point n'est besoin d'espérer, il ne guérira pas; sa maladie doit être une propagation par la moelle des os de l'affection cancéreuse qui a déterminé l'amputation de la jambe... L'un des médecins a ajouté: Puisque vous êtes restée ici depuis un mois et qu'il désire que vous restiez encore, ne le quittez pas; à l'état où il est ce serait cruel de lui refuser votre présence... Voilà, chère maman, c'est ce que m'ont dit les médecins à moi toute seule, bien entendu, car à lui ils disent tout le contraire; ils lui promettent même une guérison radicale...
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... Il me semble pourtant qu'il n'est pas si malade que me le disent les docteurs... La raison lui est même revenue presque tout-à-fait depuis quatre jours... Il mange un peu plus qu'au commencement...
... Quand il dort le jour, il est réveillé en sursaut, il me dit que c'est un coup qui le frappe au coeur et à la tête tout à la fois qui le réveille ainsi. Quand il dort la nuit, il a des rêves effrayants et quelquefois quand il se réveille il est raide au point de ne pouvoir plus faire un mouvement...
... Depuis que la raison lui est revenue, il pleur toujours. Il ne croit pas encore qu'il restera paralysé ( si il vit...). Trompé par les médecins, il s'accroche à la vie, à l'espoir de guérir, et comme il est conscient de son état, il les accuse de se moquer de lui et les taxe d'ignorance. Il voudrait tant vivre et guérir qu'il demande n'importe quel traitement, si pénible qu'il soit, pourvu qu'on le guérisse et qu'il retrouve l'usage de ses bras. Il voudrait absolument avoir sa jambe articulée, pour essayer de se lever, de marcher, lui qui depuis un mois n'a pas été levé que pour être posé tout nu sur un fauteuil pendant qu'on faisait son lit!!!... 
... Il pleur en pensant à l'avenir où il ne pourra plus travailler, il pleure sur le présent où il souffre cruellement, il me prend dans ses bras, en sanglotant et criant en me suppliant de ne pas l'abandonner. Je ne saurais dire combien il est pitoyable, aussi tout le monde ici l'a en grande pitié. On est si bon pour nous que nous n'avons même pas le temps de formuler nos désirs, on les prévient...
... On le traite comme un condamné à mort auquel on ne refuse rien, mais toutes ces complaisances sont en pure perte pour lui, car il n'accepte jamais toutes les petites gâteries qu'on lui offre, ce qu'il demande c'est la paix...
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                                                                             .../... à suivre
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