.../...
... De nombreux courriers vont parvenir à Arthur cet été 1891... Des courriers venant du Harar de ses anciens collaborateurs, qui ne lui souhaitent qu'une chose, la guérison et le retour parmi eux...
... Arthur est donc parti de Marseille, le 23 juillet. Il arrive à Roche... après bien des années d'absence... Il y trouva bien-sûr le plus grand dévouement, d'Isabelle, de sa mère... mais pas la guérison. Son état général ne fit qu'empirer. Le moignon enflait. Le bras droit s'ankylosait et se décharnait. Les mêmes souffrances qu'il avait éprouvées à sa jambe droite se faisaient maintenant sentir à sa jambe gauche...
... Cet été 1891, par malheur, fut particulièrement froid et humide dans les Ardennes. Arthur crut-il que le climat d'Afrique lui ferait du bien?... Nul ne le saura jamais. Toujours est-il qu'il décida de repartir malgré son état. Le 23 août 1891, il se fit porter jusqu'au train de Paris. Un coupé-lit avait été réservé à la gare de Lyon. Sa soeur Isabelle l'accompagnait. A l'arrivée à Marseille, il fut évident qu'il ne pourrait pas aller plus loin. L'hôpital l'accueillit à nouveau... Les médecins, immédiatement, le jugèrent perdu...
... Après des journées d'épouvantables souffrances, il tomba dans une sorte de léthargie. Il n'en sortait que pour de brefs moments. Il se croyait parfois au Harar, avec ses caravanes...
... Isabelle va rester à son chevet jusqu'à la fin... Elle notera tout ce qu'Arthur dira en bien ou en mal... surtout sur le personnel hospitalier. Elle notera aussi ses impatiences, les nouvelles sottises qu'il songe à faire lorsqu'il sera guéri!!!... Elle ne croit rien de tout cela mais elle note.
.../... à suivre
=========
.../... Quelques vers nouveaux comme un flash-back sur un temps à jamais passé...
Le loup criait sous les feuilles
En crachant les belles plumes
De son repas de volailles:
Comme lui je me consume...
Les salades, les fruits
N'attendent que la cueillette;
Mais l'araignée de la haie
Ne mange que des violettes.
Que je dorme! que je bouille
Aux autels de Salomon.
Le bouillon court sur la rouille,
Et se mêle au Cédron...
Arthur Rimbaud
==========