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... Cinq jours plus tard, Arthur écrit de nouveau à sa soeur après avoir reçu son courrier. Il s'inquiète bien-sûr de sa situation face au service militaire. Il assure être guéri de sa jambe amputée, celle-ci serait tout-à-fait cicatrisée. Les médecins l'autoriseraient même à sortir de l'hôpital... Mais que faire avec une seule jambe!!!...
... Le 2 juillet, le moral d'Arthur est de nouveau à la baisse. En effet, sa jambe valide lui fait mal elle-aussi et il craint que cette douleur soit la même qu'à sa jambe amputée...
... D'autres courriers vont être échangés entre lui et sa soeur jusqu'à ce que la bonne nouvelle arrive enfin... ( Pour le service militaire ).
Roche, le 8 juillet 1891,
Cher Arthur,
... Nous sommes enfin parvenus à arranger ton affaire militaire. Je t'envoie la copie de la lettre que nous recevons aujourd'hui de l'Intendance de Mézières:
... " Le nommé Rimbaud Jean-Nicolas-Arthur est en Arabie depuis le 16 janvier 1882. En conséquence, sa situation militaire est légale. Il n'a pas à se préoccuper de sa période d'instruction, il est en sursis renouvelable jusqu'à sa rentrée en France..."
Mézières le 7 juillet 1891,
Le Commandant de Recrutement:
Bertaux.
... Quant à ton congé définitif comme réformé, tu ne peux l'obtenir qu'en te présentant toi-même à l'Intendance, soit à Marseille, si tu es pour y séjourner encore un certain temps, soit à Mézières, si tu reviens, ou même par l'entremise de la gendarmerie d'Attigny: par la copie de la lettre ci-dessus, tu as compris que pour nous informer et sortir d'incertitude, nous n'avons pas révélé ta présence en France ni ton amputation qui te rend inapte à tout service militaire. Si tu étais rentré valide tu aurais dû accomplir tes vingt-huit jours en rentrant en France. Tu devras donc te présenter aux autorités militaires, lesquelles feront constater ta malheureuse position et te délivreront un congé de réforme...
... Ainsi, Arthur, tu es libre, avant de revenir, dis-nous un peu d'avance, si tu désires avoir ta chambre au rez-de-chaussée ou au premier étage pour ta plus grande commodité; s'il faut te préparer quelque meuble ou ustensile nécessités par ta jambe. Enfin il faut que tu trouves en arrivant ici tout ce dont tu peux avoir besoin. En retour, je te prie de nous amener un peu de chaleur et du beau temps, choses dont nous avons le plus grand besoin. Feras-tu bien le voyage seul?... C'est à la gare de Voncq et non pas à Attigny qu'il faut descendre, je te le recommande expressément, autant pour nous que pour toi, et surtout nous prévenir, quand tu seras à Paris, par lettre ou plutôt même par dépêche, de l'heure où tu arriveras à Voncq, afin que j'aille te chercher à la gare.
... Je suis toute réjouie à la pensée de te revoir: mais hélas! il y a une bien grande ombre à ma joie, je voudrais te voir heureux et bien portant, et tu n'es ni l'un ni l'autre. Enfin nous n'y pouvons remédier, et le mieux c'est de se résigner et de prendre courage. J'attends de tes nouvelles avec impatience, à quand ton retour?...
... Au revoir, cher Arthur, nous t'embrassons de coeur.
Isabelle Rimbaud
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