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... La suite du courrier d'Arthur adressé à sa mère de l'hôpital d'Aden...
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... Arrivé ici, je suis entré à l'hôpital européen. Il y a une seule chambre pour les malades payants: je l'occupe. Le docteur anglais, dès que je lui ai montré mon genou, a crié que c'est une synovite arrivée à un point très dangereux, par suite du manque de soins et des fatigues. Il parlait tout de suite de couper la jambe; ensuite, il a décidé d'attendre quelques jours pour voir si le gonflement diminuerait un peu après les soins médicaux. Il y a six jours de cela, mais aucune amélioration, sinon que, comme je suis au repos, la douleur a beaucoup diminué. Vous savez que la synovite est une maladie des liquides de l'articulation du genou, cela peut provenir d'hérédité... ou d'accidents, ou de bien des causes. Pour moi, cela a été certainement causé par les fatigues des marches à pied et à cheval au Harar. Enfin, à l'état où je suis arrivé, il ne faut pas espérer que je guérisse avant au moins trois mois, sous les circonstances les plus favorables. Et je suis étendu, la jambe bandée, liée, reliée, enchaînée, de façon à ne pouvoir la mouvoir. Je suis devenu un squelette, je fais peur. Mon dos est tout écorché du lit; je ne dors pas une minute. Et ici la chaleur est devenue très forte. La nourriture de l'hôpital, que je paie pourtant assez cher, est très mauvaise. Je ne sais quoi faire. D'un autre côté, je n'ai pas encore terminé mes comptes avec mon associé, Monsieur Tian. Cela ne finira pas avant la huitaine. Je sortirai de cette affaire avec 35 000 francs environ. J'aurais eu plus; mais, à cause de mon malheureux départ, je perds quelques milliers de francs. J'ai envie de me faire porter à un vapeur, et de venir me traiter en France, le voyage me ferait encore passer le temps. Et, en France, les soins médicaux et les remèdes sont bon marché, et l'air bon. Il est donc fort probable que je vais venir. Les vapeurs pour la France à présent sont malheureusement toujours combles, parce que tout le monde rentre des colonies à ce temps de l'année. Et je suis un pauvre infirme qu'il faut transporter très doucement!... Enfin je vais prendre mon parti dans la huitaine.
... Ne vous effrayez pas de tout cela, cependant. De meilleurs jours viendront. Mais c'est une triste récompense de tant de travail, de privations et de peines!...
... Hélas! que notre vie est misérable!...
... Je vous salue de coeur.
Rimbaud
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P.S: Quant aux bas, ils sont inutiles. Je les revendrai quelque part.
... On passe d'un tableau des plus sombres à un " Ne vous effrayez pas de tout cela cependant... De meilleurs jours viendront...".
... On peut remarquer aussi que l'écriture est moins " belle ". La souffrance devait le miner au plus haut point...
... Il décrit parfaitement ce qui lui arrive, sauf que c'est une maladie héréditaire, la même donc qui a emporté sa soeur Vitalie...
.../... à suivre...