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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:13




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... Gaspard lui parla de ses journées à Lominval et voulut lui montrer qu'elle n'était pas faite pour de telles occupations, plus ennuyeuses que les légères contraintes qu'on lui imposait maintenant non sans lui donner tout ce qu'elle pouvait désirer, voyages, sports, jouets. Hélène demeura indifférente à ces observations. 
... - Je crois que j'appartiens à une famille d'ouvriers ou de pêcheurs, dit-elle. Je veux être avec eux.
... - Tu ne sais rien sur ta famille, reprit Gaspard.
... - Je ne sais rien, dit Hélène.
... - Tu ne m'aideras pas à retrouver Maman Jenny et le grand pays?...
... Hélène alluma sa lampe. Gaspard vit qu'elle souriait avec insouciance.
... - Il faudrait une corde assez longue, dit-il simplement. J'en trouverai une dans le bric-à-brac de ma cambuse.
... Gaspard devait faire les quatre volontés d'Hélène. C'était une nécessité. Il ne pouvait s'empêcher de croire tout ce qu'Hélène croyait.
... Il fut convenu que Gaspard viendrait lancer la corde à Hélène dans la nuit du vendredi au samedi et qu'ils regagneraient ensemble le bateau peu de temps avant l'appareillage. Ils nageraient jusqu'au bateau et rentreraient par le hublot où Gaspard pouvait aussi fixer une corde avant de partir en expédition. Hélène se cacherait dans la cale, en un coin qu'elle connaissait et où l'on ne viendrait pas la trouver. Elle ne pensait pas rester longtemps cachée. Dès qu'on serait au large , elle se découvrirait. M. Drapeur, qui ne tenait pas à se séparer d'elle, la ramènerait avec lui en Belgique.
... Le lendemain Gaspard trouva dans sa cambuse un filin léger. Il s'assura de sa résistance. Hélène lui fit parvenir une ceinture de sauvetage, une balle de mousse assez lourde et une bobine de fil bis. Gaspard ne monta pas sur le pont cette nuit-là.
... Le deuxième matin, Gaspard fut tiré de son réduit comme d'habitude. Maître Sedagne le cuisinier lui fit faire quelques besognes. Puis on prépara le petit déjeuner. Dans cette cuisine on n'avait jamais aucune nouvelle du dehors. A un appel de sonnette on plaçait les plats et tout ce qu'il était nécessaire sur un monte-charge qui s'élevait jusqu'à la salle à manger et redescendait aussitôt. Ce jour-là, on entendit la sonnette plus tôt que d'habitude. Vers neuf heures, tout le travail était terminé. Maître Sedagne ordonna à Gaspard d'astiquer les cuivres, puis il sortit et ferma la porte à clef. Gaspard entreprit machinalement son astiquage. Peu de temps après, les mouvements du navire s'apaisèrent, puis ils céssèrent tout-à-fait. Enfin les machines stoppèrent. Gaspard entendit le bruit de la chaine d'ancre qui se dévidait dans l'écubier. Après quoi ce fut un silence total. Gaspard se leva et chancela. Habitué maintenant au roulis et au tangage, il éprouvait un vertige sur le plancher parfaitement ferme entre les cloisons immobiles. Gaspard alla ouvrir son hublot...

.............................................................................   à suivre ...

 

 

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commentaires

covix 07/12/2009 10:42


Bonjour Alain
Un plan et nous voila arrivé...
Bonne journée


Présentation

  • : Le blog de Alain LECLEF
  • : Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...
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