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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 20:23



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... M. Drapeur, M. Parpoil et Mlle Berlicaut montèrent au troisième étage, tandis que le maire attendait dans la salle. Gaspard, après s'être couché, en présence du commis, avait aussitôt sauté sur ses pieds. Sa blessure l'avait un peu affaibli. Il réussit à enfiler sa veste par-dessus son pansement, et il entrouvrit la porte afin d'assister au dénouement qu'il espérait. Il se demandait si le jeune fugitif aurait le temps de regagner les bois.
...  Mlle Berlicaut poussa un grand cri quand elle ouvrit la porte du Numéro 25. La chambre était vide, et il semblait même que personne n'y eût logé cette nuit-là. Le lit n'était pas défait.
... - Je vous jure que je l'ai entendu encore remuer avant de descendre, lorsque ce maudit Gaspard... Je lui ai même parlé, pour lui demander s'il avait bien dormi. Il m'a répondu: " Oui, Madame " et il semblait tout à fait tranquille. C'est absolument incroyable.
... - Il y a combien de temps? demanda M. Drapeur sans s'émouvoir.
... - Un quart d'heure à peine, dix minutes peut-être. Comment a-t-il pu ouvrir la porte?...
... - Cela ne m'intéresse pas, répondit M. Drapeur. Il n'est certainement pas loin.
... Il fit un signe à son secrétaire et ils descendirent en hâte. Il demanda à M. Berrèque de prévenir la gendarmerie et de mettre à disposition plusieurs hommes pour fouiller le village et les environs.
... - Mon secrétaire et moi nous irons avec la voiture du côté de la forêt. Est-ce que quelqu'un peut nous guider? Nous avons le temps de lui couper le chemin et je parie qu'il cherche à gagner la forêt.
... M. Berrèque promit qu'il ferait le nécessaire. Le commis sauta dans la voiture à côté de M. Parpoil qui conduisait, et ils prirent le chemin de la scierie. Gaspard, dès qu'ils furent partis, referma sa porte et se mit à la fenêtre.
... Il n'apercevait pas le chemin de la scierie, mais les prairies vallonnées qui descendaient vers une lisière lointaine. Si l'enfant n'avait pas suivi le chemin, il se serait jeté à travers champs de ce côté. Gaspard inspecta avec attention les replis de terrain, les buissons et toute l'étendue. Quelques minutes plus tard il apercevait quelqu'un qui dévalait une prairie en direction du village. Il reconnut l'enfant à ses cheveux blonds, quand celui-ci parvint au bas de la pente. Sans doute le fugitif avait aperçu la voiture et renonçait à gagner la forêt.
... Gaspard lança un regard à droite et à gauche sur ces vastes pâturages que le vent balaie avec violence pendant les longs hivers. Il n'y avait là aucune cachette et l'enfant avait dû comprendre que sa seule ressource était de tenter un coup d'audace et de se cacher dans une grange. Soudain, Gaspard le vit qui se couchait au fond d'un petit fossé.
... Il était alors à trois cents pas du village. Gaspard devinait au milieu des herbes sa blouse bleue et ses cheveux blonds. C'était impossible qu'on ne le découvrît pas tôt ou tard. Gaspard sentait l'angoisse lui serrer la gorge. Dès que l'enfant bougerait il risquait d'être aperçu, et comme il ne connaissait pas les lieux, il se jetterait dans les jambes du premier venu... 
... Gaspard ouvrit sa porte. Il entendit Fernande qui disait au cuisinier que des hommes patrouillaient autour du village, tandis que M. Drapeur et son secrétaire parcouraient en voiture tous les chemins d'alentour, de façon que l'enfant fût réduit à rester dans le village, s'il n'avait pas encore gagné la forêt. Les gendarmes avec les gardes forestiers seraient chargés néanmoins de battre la forêt. Mlle Berlicaut, pour sa part, avait déjà fouillé toute la maison. les voyageurs, surpris de ce remue-ménage, quittaient leurs chambres avec mauvaise humeur.
... Gaspard pensa qu'il devait rejoindre l'enfant et le conduire à une cachette où il pût rester jusqu'à la nuit. Tous les gens de l'hôtel se trouvaient dans la salle avec Mlle Berlicaut qui se lamentait. Gaspard s'échappa sans être aperçu. Il gagna une ruelle et dès qu'il fut en dehors du village, il se glissa le long d'une barrière d'orties, et parvint ainsi à un fossé de drainage parallèle à celui où s'était caché l'enfant. Il suivit le fond du fossé en rampant. Quand il fut à peu près à la hauteur du fugitif, il courut jusqu'à lui, et se coucha dans le fossé à côté de lui.
... L'autre eut d'abord un sursaut, croyant qu'il était découvert:
... - Ne t'occupe plus de moi, dit-il. C'est manqué. Je retrouverai plus tard une autre occasion.
... - Je veux t'aider, dit Gaspard.
... Leurs cheveux blonds se mêlaient...

............................................................................... à suivre ...

 

 
 
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commentaires

C

Bonjour Alain
En lisant ces lignes on est dedans, j'aime beaucoup et il me semble que Gaspard vit quelque choses d'exaltant et pouvoir ce sentir d'une certaine façon utile...merci c'est un cadeau que tu nous
fais.
Bonne journée
@mitié
Covix

Ps: je me suis abonné


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  • : Le blog de Alain LECLEF
  • : Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...
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