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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 20:20



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... Il travaillait du matin au soir et, quelquefois, tard dans la nuit. Il y a bien des occupations dans une hôtel. Toutefois, pendant la bonne saison, Gaspard se réservait toujours une heure vers la fin de la journée, ou après les repas du soir, pour faire une promenade. Sa tante lui laissait cette liberté, car elle devait reconnaître qu'il abattait une besogne qu'un homme n'aurait peut-être pas accomplie. Il choisissait pour sortir les moments où il risquait peu de rencontrer les voisins et, la plupart du temps, il suivait le sentier qui longe les jardins en dehors du village.
... Il descendait d'abord sur la place de l'église, qu'il contournait, puis il prenait une ruelle entre les murs des vieilles maisons, où personne ne passait plus parce qu'elle était encombrée de bardanes et d'orties. A l'issue de la ruelle, il y avait un sentier entre les grillages des jardins et la clôture des parcs. Ce sentier lui-même était à peine frayé. Il y poussait des ronces qui barraient le passage. Gaspard traversait les ronces et se trouvait ainsi à l'abri des regards.
... Dans les premiers temps, qu'il prit l'habitude de faire cette promenade, il s'asseyait en quelque coin pour regarder les champs. Il découvrait les prairies vallonnées et, dans la perspective de ces vallons, il apercevait les cimes de la forêt. En été, il voyait s'envoler selon le vent les graines de chardon, qui montaient au ciel ou fuyaient à travers les herbes. Des oiseaux venaient se percher sur les fils des parcs. Il ne connaissait pas leurs noms.
... Dans la suite, Gaspard s'avisa d'examiner les jardins. A l'abri des grillages où s'entrelaçaient les liserons, il put considérer les femmes venues pour récolter leurs légumes, ou bien il écoutait les conversations qui se tenaient dans les maisons dont les fenêtres étaient ouvertes.
... Ce n'était pas curiosité. Si, par hasard des gens parlaient de leurs affaires, il s'éloignait aussitôt, parce que l'indiscrétion le gênait. Ce qui l'enchantait, c'était  timbre des voix qui sonnait doucement dans la soirée. Il y avait la voix de basse du bedeau, la voix comme une chanson de la jeune boulangère, et bien d'autres encore, tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses...

............................................................................... à suivre....

Plaisir intact...
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  • : Le blog de Alain LECLEF
  • : Ce blog est destiné à présenter un court-métrage cinéma autour d'Arthur Rimbaud et de Nina... Voilà donc une approche par divers poèmes, d'Arthur bien-sûr... mais aussi d'autres poètes proches de lui... comme Emile Nelligan... de Léo Ferré pour sa musique et ses mots... ainsi que divers articles, images et extraits musicaux... Une balade aussi bien-sûr en Abyssinie... pour essayer de comprendre... Merci aux futurs lecteurs...
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